C’est dimanche : Vivre la messe ! (1)

Que vivons-nous à la messe ? Et d’où vient-elle ? Pourquoi le dimanche ? Et peut-être encore bien d’autres questions. Voici un petit parcours en plusieurs épisodes pour nous aider à réfléchir sur la messe.

Le dimanche :

Le repos du dimanche :

Commençons par le commencement… « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite. » (Gn 2, 2-3) Le repos de Dieu n’est pas son inaction, car Dieu poursuit son œuvre de création et de salut au long du temps.

« Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu … Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. » (Ex 20, 8-11) Ce jour nous est donné pour entrer dans le repos de Dieu en contemplant la création et pour se tourner vers Dieu afin de sanctifier le temps.

Du Sabbat au dimanche :

Le dimanche chrétien emprunte au sabbat le cycle de 7 jours, cependant le dimanche, 8è jour, est aussi le 1er jour, où nous célébrons le seigneur ressuscité, jour de recréation : « Le mystère pascal du Christ, constitue la pleine révélation du mystère des origines, le sommet de l’histoire du salut et l’anticipation de l’accomplissement eschatologique du monde » (Jean-Paul II, Lettre apostolique Sur la sanctification du dimanche, Centurion, Cerf, 1998, n°18)

(Eschatologie : qui concerne les fins dernières)

Pâques chaque semaine :

Chaque dimanche, l’Eglise fait mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur. L’Eglise se rassemble car dès la résurrection elle a compris que le Seigneur venait au milieu d’elle. Le Christ est ressuscité « le 1er jour après le sabbat » (récits de la résurrection dans les évangiles), il est apparu ce même jour aux disciples d’Emmaüs (Lc 24, 13-35) puis 8 jours plus tard auprès des disciples réunis (Jn 20, 19…). La pentecôte, eut lieu le 8è jour de la 8è semaine, fête durant laquelle Pierre annonça la résurrection au peuple rassemblé et de nombreux baptêmes furent célébrés (Ac 2, 41). Depuis la petite communauté des disciples, un peuple s’est constitué et de semaine en semaine, le 1er jour de la semaine, il célèbre la mort et la résurrection du Christ jusqu’à sa venue dans la gloire.

Chaque dimanche le Christ est au milieu de nous :

Lorsque nous célébrons l’eucharistie (la messe), le Christ est présent au milieu de nous. Ce « nous » est important. Le Christ n’est pas présent uniquement à notre petite personne, nous ne sommes pas sauvés seulement individuellement ! Comme baptisés nous appartenons à un peuple, au Corps du Christ qui est l’Eglise et c’est aussi ce Corps que nous formons qui est sauvé, tout entier. Le dimanche nous nous réunissons et formons l’ekklesia, c’est-à-dire l’assemblée convoquée par son Seigneur. C’est alors l’eucharistie qui nourrit chacun de nous et fait grandir l’Eglise : « l’eucharistie est source et sommet de la vie de l’Eglise » (Concile Vatican II, Constitution sur la sainte liturgie, n°10).

Chaque dimanche, au cours de la messe, nous sommes invités à rencontrer le Christ dans sa Parole et dans son Eucharistie. Le Christ est présent de diverses manières, dans l’assemblée qui prie et chante, dans la personne du prêtre, dans la parole proclamée, et au plus haut point dans la présence réelle. (cf. Vatican II, Constitution sur la sainte liturgie n°7) Et nous pouvons alors dire que c’est le Christ qui est le principal acteur de la liturgie. C’est lui qui agit et il s’associe l’Eglise qui prie et rend un culte à Dieu le Père.

La messe

Les différents noms de la messe :

Au cours de l’histoire, la messe a reçu des noms divers. Ils nous disent tous quelque chose du mystère de l’eucharistie.

Le repas du Seigneur :

St Paul désigne ainsi l’eucharistie à Corinthe (1 Co 11, 20). Ce nom nous dit que la messe est un repas présidé par Jésus, il fait référence ainsi au dernier repas de Jésus, la Cène.

La fraction du pain :

C’est le nom originel que l’on retrouve dans les Actes des Apôtres (Ac 2, 42). Ce geste était aussi accompli dans le rituel des repas de fête du judaïsme. La fraction du pain est donc un rite de table devenu un rite de la liturgie eucharistique, qui rassemble une communauté en un lieu précis, autour d’un apôtre (Troas autour de Paul). « Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » (1Co 10, 16)

L’eucharistie :

Apparu dès le 1er siècle pour désigner la liturgie au cours de laquelle s’élève vers Dieu l’action de grâce du peuple des sauvés et le pain et le vin consacrés, corps et sang du Christ. Ainsi, l’eucharistie relie la Présence réelle à l’ensemble de la célébration.

La messe :

C’est le nom le plus courant dans le monde latin il signifie « envoi ».

Pourquoi participer à l’eucharistie ?

Même si l’Eglise par l’intermédiaire du code de droit canonique fait acte d’autorité : « Le dimanche et les autres jours de fêtes, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la messe » (canon 1247), cela n’est plus suffisant aujourd’hui pour proposer l’eucharistie. Il nous faut plutôt réfléchir aux raisons fondamentales qui nous font répondre à l’invitation du Seigneur et témoigner de ce que nous y vivons. Cela a quelque chose à voir avec une relation fondée sur l’amour et non un simple devoir.

L’eucharistie, une obligation :

L’obligation a marqué l’Eglise durant de nombreux siècles et il ne s’agit pas de l’abandonner, car au-delà de l’obligation elle désigne une cérémonie publique à laquelle doivent participer ceux qui en ont la charge. Que serait devenue la messe, si les premiers chrétiens l’avaient désertée ? La messe n’est pas d’abord un acte privé pour un bénéfice personnel : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise… Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Et si la messe, avait une portée missionnaire ?

L’eucharistie, une expérience :

La célébration eucharistique, même si l’on y entend et prononce des paroles, n’est pas un discours sur Dieu. Elle parle à Dieu, plus exactement elle est dialogue. La liturgie ne véhicule pas un message, elle est rencontre. La liturgie eucharistique est une expérience spirituelle à la fois communautaire, comme nous l’avons vu précédemment mais aussi personnelle.

Et si la messe était le lieu central, privilégié pour accéder à la vie de Dieu ?

Pour aller plus loin

Et pour nous, aujourd’hui ? Voici quelques questions que nous pouvons nous poser pour nourrir notre réflexion. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse ! Chacun est invité à rencontrer le Christ avec toute sa personne et là où il en est de son chemin.

  1. Comment je vis « mon » dimanche ?
  2. Qu’est-ce que j’attends de la messe du dimanche ?
  3. A quel moment de la messe je fais l’expérience de la présence du Christ ?
  4. Quels sont les moments privilégiés où je fais l’expérience d’une communauté rassemblée ?

La suite au prochain épisode !