A l’image de la cité de Malestroit, Mère Yvonne – Aimée avait du caractère !

« Supérieure du couvent de Malestroit, active durant la résistance, dotée de dons spirituels et d’une humanité hors norme, Mère Yvonne Aimée a marqué son époque avant de tomber dans l’oubli. » Dans Malestroit, livre paru chez Grasset en 2025, Jean de Saint-Chéron fait un vibrant portrait de cette femme qui mérite d’être redécouverte ! (Le jour du Seigneur août 2025)

Yvonne Beauvais, qui deviendra Yvonne – Aimée en religion, naît en 1901 dans une très ancienne famille bourgeoise rurale à Cossé en Champagne (Mayenne). Elle a 3 ans lorsque son père meurt et elle est confiée pendant quelques années à ses grands-parents maternels et retournera ensuite chez sa mère avec sa sœur aînée. Elle fait sa première communion en 1910, professe un amour incommensurable pour Dieu et lui écrit une lettre brulante pour lui déclarer sa Foi et lui promettre à jamais de le suivre et de l’aimer plus que tout ! 

A 18 ans, après des études primaires et secondaires, elle s’engage au service des pauvres pour lesquels elle éprouve dévouement et compassion. Elle n’hésite pas à réaliser toutes sortes de tâches pour subvenir à leurs besoins matériels et prie sans cesse. Elle confie souvent à Jésus sa motivation « C’est pour toi, puisque les pauvres : c’est toi ! »

A ce rythme, elle s’épuise et tombe malade. En mars 1922 elle arrive à Malestroit pour une convalescence qui sera un tournant majeur dans sa vie. Elle ressent l’appel pressant de Jésus dont elle est, dit-elle, plus amoureuse que de son fiancé à qui elle renonce pour se consacrer à Jésus !                      

Dès lors des évènements surnaturels se produisent dans la vie d’Yvonne-Aimée qui a des songes, des moments d’extases, des stigmates et qui connaît même des moments de bilocations. C’est ainsi qu’elle apparaît en humain dans une rame de métro à Paris, au Père Paul Labutte venu en urgence dans la capitale à la suite de l’arrestation de Mère Yvonne-Aimée par la gestapo en 1943.

En 1927, elle réalise sa vocation de vie religieuse en devenant novice au couvent des Augustines de la miséricorde de Malestroit. Nommée rapidement maitresse des novices, puis supérieure du couvent en 1935.

En 1946, la première Fédération de monastères de femmes est fondée avec l’aval de Rome. Mère Yvonne Aimée en est élue Supérieure générale.

Durant la seconde guerre mondiale, elle accueille, cache et soigne de nombreux résistants au sein de la clinique dépendant du couvent. Pour ses actes de résistance et de bravoure, elle reçoit plusieurs médailles de reconnaissance nationale, dont la légion d’honneur qui lui est remise par le Général De Gaulle.

D’une santé devenue précaire, affaiblie moralement par des mensonges et calomnies portés contre elle, Sœur Yvonne–Aimée continue sans relâche d’assumer ses nombreuses charges et décède subitement le 03 février 1951 à 49 ans. 

Pour conclure je cite à nouveau Jean de Saint-Chéron « le service inlassable des pauvres, son engagement comme sœur hospitalière auprès des malades, son action héroïque lors de la seconde guerre sont intimement liés à son extraordinaire vie spirituelle. L’histoire d’Yvonne-Aimée est une quête éperdue du don de soi, de l’oblation de soi-même, pour la vie et le bonheur des autres, conformément au commandement de Jésus »                                                                                

On doit se recueillir et demander à Dieu d’éclairer notre raison afin que celle-ci joue pleinement son rôle de discerner avec netteté le but à atteindre et les justes moyens à employer (Yvonne-Aimée qui savait que l’obéissance doit être réfléchie, active et responsable)