C’est dimanche : Vivre la messe ! (2) Les rites d’ouverture

Toutes les célébrations liturgiques et donc la messe, comportent un rythme, ce n’est pas une suite de situations l’une expulsant l’autre, ni une juxtaposition de différentes scènes. La liturgie comporte une dynamique. Entre l’ouverture et l’envoi il s’est passé quelque chose et nous sommes devenus autres.

Dans la liturgie, nous sommes invités à rencontrer le Christ, la mise en œuvre de nos liturgies est au service de cette rencontre.

Pour vivre cette rencontre nous pouvons être aidé en découvrant ce dynamisme et son sens.

Entrons dans ce dynamisme et commençons par les rites d’ouverture.

Avant d’entrer dans la célébration…

C’est dimanche ! Nous arrivons de nos maisons, nos quartiers, nous franchissons la porte de l’église. Nous retrouvons des visages connus et nous nous installons, souvent à notre place habituelle. Nous sommes porteurs de ce que nous avons vécu dans la semaine, nos soucis, nos joies, nos peines, nos difficultés… Ne les laissons pas à la porte, prenons-les avec nous pour célébrer, ils font partie de notre vie. Un sourire, un bonjour à celui ou celle qui se trouve proche de nous, même si nous ne le connaissons pas, ainsi nous nous préparons à célébrer ensemble, en Eglise, la résurrection du Seigneur. 

La messe va bientôt commencer et tout se met en place. Le prêtre, le diacre, les servants d’autel revêtent leurs vêtements liturgiques, l’animateur de chants se met d’accord avec l’organiste, la sacristine a préparé l’espace liturgique, les cierges sont allumés sur l’autel, le lectionnaire est à l’ambon. La procession va se mettre en marche.

Les rites d’ouverture :

Les rites d’ouverture permettent d’entrer dans la liturgie. Comme l’expression l’indique, ils ouvrent la messe ! Ils tournent les uns et les autres vers le Seigneur, ils introduisent et préparent. Ils constituent l’assemblée qui ainsi est invitée à ne faire qu’une dans la diversité des uns et des autres. Concrètement comment cela se traduit-il ?

Le chant d’ouverture

Il permet justement à l’assemblée de se constituer. Ce chant, dont il est bien qu’il soit connu par le plus grand nombre, oriente vers le dimanche, vers sa dimension pascale ou bien il nous rappelle que nous sommes un peuple de baptisés. Il ouvre nos intelligences vers le temps liturgique, ou la particularité de la fête célébrée. Le fait de chanter ensemble, d’unir nos voix, permet à chacun de faire l’expérience d’une communauté rassemblée. Ce n’est pas chacun pour soi, mais en unissant nos voix nous nous constituons comme peuple.

Pendant le chant, le prêtre qui préside l’assemblée et qui agit en la personne du Christ, s’avance accompagné par des servants d’autel et le diacre. Ils rejoignent le chœur, saluent l’autel et chacun regagne sa place. Le prêtre et le diacre, en plus de saluer l’autel, l’embrasse. Pourquoi ce salut ? L’autel est le « lieu où le sacrifice de la croix est rendu présent sous les signes sacramentels » du pain et du vin. (Présentation Générale du Missel romain n°296) « Il est signe, au milieu de l’assemblée de l’unique Christ et de l’unique eucharistie de l’Eglise » (Présentation Générale du Missel romain n°303). Le geste du salut et du baiser à l’autel manifeste la vénération du lieu. Il est possible d’encenser l’autel, toujours pour manifester sa vénération.

La salutation

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit

Amen

Le Seigneur soit avec vous

Et avec votre Esprit

Par ce dialogue et ce signe de croix ouvrant la célébration, nous nous mettons en présence du Christ. C’est le Christ qui nous a convoqué, lui qui nous a promis, « lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20) C’est le président qui prononce la salutation car en faisant cela il manifeste la conduite du peuple confié.

L’acte pénitentiel

Il oriente les cœurs qui reconnaissent que le Christ est sauveur et que chacun de nous a besoin d’être sauvé, ce n’est pas une confession publique. D’ailleurs cette préparation trouvera son accomplissement avant le rite de communion, « Seigneur je ne suis pas digne… ». Peut-être avez-vous remarqué que cet acte pénitentiel pouvait recouvrir plusieurs formes différentes. Il y en a 3… plus 1 !

1ère forme : Nous pouvons dire ensemble le « Je confesse à Dieu… », puis le prêtre prononce des paroles d’absolution (qui n’ont pas la même valeur sacramentelle que l’absolution donnée dans le sacrement de réconciliation). Après les paroles du prêtre nous chantons le Kyrie Eleison (Seigneur prends pitié) sous une forme simple, c’est-à-dire uniquement les 3 invocations, sans versets qui s’intercalent.

2ème forme : Sous forme d’un dialogue entre le prêtre et l’assemblée « Prends pitié de nous Seigneur/Nous avons péché contre toi – Montre-nous Seigneur ta miséricorde/et donne-nous ton salut. Suit également la prière d’absolution puis le kyrie simple comme pour la 1ère forme.

3ème forme : Cette fois-ci nous ne disons pas le Je confesse à Dieu, ni ne dialoguons avec le prêtre mais nous chantons des invocations au Christ avec une litanie : Seigneur Jésus envoyé pour guérir les cœurs qui reviennent vers toi, Seigneur prends pitié (ou kyrie eleison)/Seigneur prends pitié (ou kyrie eleison)… Ainsi avec 3 invocations. Les invocations sont conclues par la prière d’absolution.

Et la plus 1 ? Particulièrement durant le temps pascal, mais aussi pour les pardons que nous vivons en Bretagne, nous pouvons utiliser le rite d’aspersion, en mémoire notre baptême. En effet, par le baptême, plongés dans la mort et la résurrection du Christ nous sommes appelés à une vie nouvelle et à la conversion. Le rite d’aspersion est alors accompagné d’un chant rappelant le caractère pascal de ce geste et non d’un kyrie eleison.

Le « Gloire à Dieu »

Le chant du « Gloire à Dieu » a de belles particularités, en effet c’est l’un des textes les plus anciens de la liturgie que l’Eglise continue de chanter, il date du IVè siècle. Vous pouvez vous amuser à repérer ce qui vient des Ecritures. L’hymne se développe de manière trinitaire, c’est-à-dire que l’on chante Dieu le Père « Roi du Ciel, Père tout puissant », puis Jésus « le Fils unique, l’Agneau de Dieu, assis à la droite du Père » puis nous avons la mention « et avec le Saint Esprit » De plus il s’agit d’une hymne et non d’un chant ordinaire. Normalement, une hymne ne comporte pas de refrain et des couplets, mais on chante le texte en entier du début à la fin. Cela permet d’entrer dans une prière communautaire, de repérer sa structure en trois parties : acclamation, invocation, acclamation. Cette hymne a une autre particularité puisqu’on ne la chante pas durant le temps de l’avent ni celui du carême.

La prière d’ouverture :

Elle est prononcée par le président. Elle fait monter à Dieu le Père, par le Fils, dans l’Esprit, la supplication de l’assemblée. Le peuple répond Amen à la fin de cette prière. Elle oriente la prière liturgique « d’aujourd’hui ». Elle rappelle ce que Dieu fait encore pour son peuple. Elle achève les rites d’ouverture et en même temps nous ouvre à ce que nous allons vivre en nous mettant à l’écoute de la Parole. La liturgie n’est pas coupée par une suite de moments avec comme des entractes entre chaque. Il s’agit bien d’une dynamique qui nous fait avancer pour rencontrer le Christ dans sa Parole et son Eucharistie.   

Pour aller plus loin

Et pour nous, aujourd’hui ? Voici quelques pistes pour nourrir notre réflexion. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse ! Chacun est invité à rencontrer le Christ avec toute sa personne et là où il en est de son chemin.

  • Dans les rites d’ouverture qu’est-ce qui m’aide à prendre conscience que je fais partie d’un peuple rassemblé ?
  • Avez-vous repéré dans tel ou tel chant d’entrée (l’un que vous aimez bien, ou celui que vous avez chanté dimanche dernier…) le thème de Pâques ou bien du rassemblement dominical ? Quelles paroles vous font penser à cela ?

La suite au prochain épisode !