Sept semaines pour célébrer Pâques !

Nous avons célébré la mort et la résurrection du Seigneur dans la nuit de Pâques et ce n’est pas terminé… Réjouissons-nous, durant sept semaines, nous allons contempler le Christ ressuscité !

Les Pères de l’Eglise, évoquaient ces 50 jours sous le nom de « grand dimanche », c’est le Temps Pascal.

L’Octave de Pâques :

A la veillée pascale, nous avons écouté le récit des femmes qui reçoivent l’annonce de la résurrection et sont chargées de l’annoncer à leur tour.  « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (Mt 28,10). Le dimanche matin de Pâques, Marie-Madeleine découvrant la pierre enlevée du tombeau court trouver Pierre et Jean qui constatent que le tombeau est vide, « il vit et il crut » (Jn 20, 8). La messe du soir de Pâques, nous avons cheminé avec les disciples d’Emmaüs (Lc 24, 13-35), « notre cœur n’était-il pas tout brûlant lorsqu’il nous expliquait les écritures ? » ; « Ils le reconnurent à la fraction du pain » … Tout au long de l’octave, les 8 jours compris entre Pâques et le 2è dimanche de Pâques, nous méditons les apparitions du ressuscité à travers différents évangiles. Nous contemplons le déploiement de la résurrection du Christ et la manière dont elle change le cœur de celles et ceux à qui le ressuscité apparaît. Chaque jour de cette semaine, est jour de Pâques c’est la raison pour laquelle les prières prononcées au cours de la messe quotidienne sont les prières de cette solennité : la résurrection est un évènement qui dure et se prolonge.

Les sept semaines de Pâques :

Durant 50 jours, en priant les oraisons, en écoutant et en méditant l’Ecriture offerte par la liturgie, c’est bien la joie de Pâques qui nous habite et se déploie comme le reflet d’un diamant aux 1000 facettes. C’est un évènement unique, la résurrection du Christ, mais qui de dimanche en dimanche va prendre une couleur particulière et nourrir notre foi.

Le 2ème dimanche de Pâques (et non 1er, le 1er étant Pâques) nous vivons le dimanche in albis (en blanc). Pourquoi ce terme ? Et bien tout simplement car les baptisés de Pâques sont invités à participer à l’eucharistie dominicale dans leur communauté paroissiale, comme chaque dimanche désormais, et ils portent en ce jour le vêtement blanc de leur baptême. C’est aussi le dimanche de la Divine Miséricorde institué par saint Jean-Paul II en 2000.

Durant sept semaines nous marchons sur un chemin qui part du tombeau vide (Pâques) jusqu’à la promesse de l’envoi de l’Esprit Saint. Nous doutons avec Thomas (2è dimanche), mangeons au bord du lac et reconnaissons le ressuscité apparaissant à ses disciples autour d’un repas (3è dimanche). Nous contemplons la figure du Bon Pasteur, avec l’évangile de Jean (4è dimanche), c’est d’ailleurs le dimanche où nous prions particulièrement pour les vocations. Les dimanches suivants nous poursuivons la lecture de Jean aux chapitres 14 et 15 (5è et 6è dimanche). Pour la fête de l’Ascension, 10 jours avant la Pentecôte, nous écoutons la finale d’un des évangiles appelés évangile synoptique (évangile de Marc, Luc ou Matthieu selon les années). Et le dernier dimanche nous méditons l’évangile de Jean au chapitre 17, avec la prière sacerdotale de Jésus (7è dimanche).

Durant le Temps Pascal, la 1ère lecture est toujours un extrait des Actes des Apôtres, nous découvrons la vie de la 1ère communauté naissante après la résurrection du Christ.

Si nous sommes attentifs à ces lectures nous pouvons repérer que nous passons de la reconnaissance du ressuscité, à l’eucharistie avec la thématique des repas puis à celle de l’Eglise. Le jour de l’Ascension, comme les disciples auxquels Jésus s’adresse avant de disparaître à leur regard, nous sommes envoyés en mission : « Allez de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 18-20)

Une Eglise en fête :

Regardons ! Prenons le temps de regarder le lieu de nos célébrations : les ministres revêtent des vêtements blancs, le cierge pascal reste allumé durant 50 jours, les fleuristes de nos églises réalisent de magnifiques bouquets.

Ecoutons ! L’orgue résonne sur des registres joyeux, les prières manifestent et déploient les mystères de la mort et de la résurrection du Christ, qui nous ouvre à la vie.

Chantons ! Nos voix s’unissent pour chanter « Alléluia » à pleine voix après l’interruption du carême.

Recevons ! L’eau bénie à Pâques coule à nouveau sur nous en mémoire de notre baptême dans le rite d’aspersion au début de la messe, recevons avec foi le Corps du Christ, présence du ressuscité, nourriture pour la route.

Le don de l’Esprit Saint :

Cette cinquantaine pascale s’achève avec le dimanche de Pentecôte (vient d’un terme grec signifiant cinquantaine). C’est dans cette fête que le Mystère Pascal trouve toute sa plénitude, elle est partie intégrante du Temps Pascal. Nous faisons mémoire du don de l’Esprit Saint aux apôtres et de la naissance de l’Eglise. Désormais ils s’adressent, dans leurs langues, aux différents peuples, « Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » (Ac 2, 4) puis ils baptisent les premiers chrétiens, « Convertissez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit » (Ac 2, 38) ; « Alors ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ 3000 personnes se joignirent à eux » (Ac 2, 41).

A la fin de la messe, le cierge pascal est éteint, le Temps Pascal est achevé, mais la joie de Pâques demeure en nous et chaque dimanche nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ.

Et maintenant ?

Nous aussi à notre baptême nous avons reçu l’Esprit Saint. A notre confirmation, en recevant l’onction de Saint-Chrême, nous avons été marqués du « sceau de l’Esprit Saint, le don de Dieu » (parole rituelle prononcée par l’évêque ou le prêtre qui confirme), nous sommes oints, comme le Christ (nom venant de Chrisma, en grec qui signifie oint. Le 1er nom de la confirmation était d’ailleurs, la chrismation). Nous recevons une force permettant de devenir témoins du Christ ressuscité. Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires, même si certains peuvent y être appelé, mais dans l’ordinaire des jours, manifester que nous sommes disciples du Christ à travers nos choix de vie, notre attention aux plus faibles, notre regard porté sur les autres, dans notre travail, notre vie de famille. Comme Jésus nous l’a promis, « Le défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14, 26), nous ne sommes pas seul, alors prions l’Esprit Saint avec les mots de la séquence que nous écouterons et prierons après la seconde lecture du dimanche de Pentecôte. Beau temps pascal !

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut de ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle. Amen.