Célébrer la Semaine Sainte
Nous entrons dans la grande semaine, la Semaine Sainte, le cœur de notre foi. Que nous soyons habitués de ces célébrations ou que nous les découvrions, nous vous proposons un petit itinéraire pour mieux entrer dans la liturgie de ces jours.
Le dimanche des rameaux et de la Passion du Seigneur :
Le titre de ce dimanche est bien long. Nous avons l’habitude de le nommer « dimanche des rameaux » en oubliant la seconde partie, « et de la Passion du Seigneur ». Que se passe-t-il durant cette célébration ?
Nous sommes rassemblés sur le parvis (sauf s’il pleut !), rameaux ou branchages à la main et nous faisons mémoire de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Comme les foules nous l’acclamons : « Hosanna, hosanna… » Nous écoutons le récit de cet épisode et le prêtre bénit nos rameaux que nous apporterons dans nos maisons. Ensuite nous processionnons, en suivant la croix du Christ jusqu’à l’intérieur de l’église pour y entendre le récit de la Passion. Ce dimanche ouvre la Semaine Sainte dont nous célèbrerons le sommet à Pâques.
Le triduum pascal : du Jeudi Saint à la Veillée pascale
Avez-vous repéré la particularité des célébrations de ces trois jours ? Des célébrations ressemblent à une messe, d’autre moins. Nous allons vivre depuis la célébration du Jeudi Saint jusqu’à la Veillée Pascale, comme une seule célébration. Regardons de plus près.
Le Jeudi Saint :
Le soir du Jeudi Saint clôt le carême, nous entrons dans le « triduum pascal » (du latin « tres » et « dies » qui signifie « espace de trois jours ».) Nous sommes rassemblés à l’intérieur de l’église et la célébration commence par une procession d’entrée composée par les différents ministres de l’Eglise : des personnes laïques représentées par les servants d’autel, des diacres et des prêtres. L’assemblée est unie à cette procession, par nos voix et notre chant nous constituons notre assemblée, qui va faire mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples, de l’institution de l’eucharistie. La célébration commence par un signe de croix, comme toute célébration liturgique. Puis après avoir écouté l’évangile, le geste du lavement des pieds est renouvelé. Comme le Christ s’est agenouillé au pied de ses disciples, le prêtre se met à genoux devant des paroissiens représentant toute la communauté et leur lave les pieds : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? …C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12 ;15). Arrive ensuite la liturgie eucharistique, comme dans toute messe, et après avoir communié nous sommes invités à suivre le Saint-Sacrement qui va être exposé toute la nuit (ou une partie !) Nous répondons alors à l’invitation du Christ à Gethsémani : « Restez ici et veillez avec moi » (Mt 26, 38). Vous l’aurez remarqué, la messe ne s’achève pas par une bénédiction finale et un envoi. Chacun repart à son rythme, de préférence en silence, après avoir prié en présence du Seigneur.
Le Vendredi Saint :
La célébration du vendredi saint débute par une procession, en silence, sans musique ni chant et le prêtre présidant la célébration s’allonge sur le sol de l’église toujours en silence. Pas de signe de croix, pas de salutation, juste une oraison d’ouverture qui nous oriente vers la liturgie de la Parole où nous entendons le long récit de la Passion. Nous allons y répondre dans la prière universelle propre au vendredi saint : le Christ intercède pour nous (Rm 8, 34). Puis nous allons adorer la croix. Prêtons attention à ce geste. La croix processionne dans l’allée centrale et nous l’acclamons , à trois reprises : « Voici le bois de la croix, qui a porté le salut du monde » ; « venez adorons ». Chacun est alors invité à venir au pied de la croix dans un geste d’adoration, un agenouillement, un baiser, une inclinaison…
La célébration se poursuit avec la communion au Corps du Christ. Il n’y a pas de liturgie eucharistique, nous communions avec les hosties consacrées la veille, le Jeudi Saint. Nous repartons en silence, pas de bénédiction, pas d’envoi.
Le Samedi saint :
L’église est maintenant dépouillée, plus de nappe d’autel, pas de bougie, le tabernacle est vide, aucune messe est célébrée. Nous entrons dans le silence du samedi saint et veillons près du tombeau. « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui grand silence sur la terre ; grand silence et solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s’est apaisée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler. » (Homélie ancienne pour le grand et Saint samedi, office des lectures). L’Eglise est en attente.
La Veillée Pascale :
Dans la nuit et en silence, nous entourons la flamme du feu nouveau, signe de la nouvelle création inaugurée par la résurrection du Christ. On allume alors le Cierge Pascal à ce feu et nous nous mettons en marche à suite, porteur d’un cierge allumé à la flamme du Christ ressuscité, nous rappelant notre baptême. Le vendredi, la croix du Christ a processionné dans l’église accompagné de nos acclamations, de même en cette nuit c’est le Cierge Pascal, signe du Christ ressuscité qui traverse l’église et que nous acclamons : « Lumière du Christ » « Nous rendons grâce à Dieu ». Nous suivons le Christ à travers sa mort et sa résurrection ! Puis nous annonçons solennellement la résurrection par le chant de l’Exultet qui proclame la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes prêts maintenant à faire mémoire de l’histoire du peuple de Dieu, depuis la Création jusqu’à la résurrection du Seigneur. C’est ce que nous vivons dans la liturgie de la Parole. Sa structure est un peu différente de celle d’une messe habituelle. Tout d’abord il y a de nombreuses lectures, ensuite, nous répondons à chacune d’elle par un psaume puis par une prière conclut par un « amen » de l’assemblée et ainsi pour chacune des lectures. A travers ce cheminement dans l’Ecriture, le chant des psaumes et les oraisons, nous prenons peu à peu conscience que ce qui a été annoncé, le Christ l’a accompli. Pâques est passage de la mort à la vie, c’est ce que vont vivre maintenant les catéchumènes en recevant les sacrements de l’Initiation Chrétienne, le baptême, la confirmation et l’eucharistie. Les nouveaux baptisés vont prendre part à la communion au Corps du Christ, ils sont pleinement frères et sœurs de Jésus-Christ, enfants d’un même Père, membres du Corps du Christ qu’est l’Eglise. La liturgie de la Veillée Pascale s’achève alors que nous recevons la bénédiction du Seigneur et sommes envoyés dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle : « Christ est ressuscité » « Il est vraiment ressuscité ! »
Durant ce triduum nous mettons nos pas dans ceux du Christ, nous en faisons l’expérience à travers les nombreuses processions. Nous le suivons jusque dans sa mort et sa résurrection.
Les célébrations du Triduum pascal sont comme une seule célébration depuis les rites d’ouverture de la messe du Jeudi Saint jusqu’à l’envoi de la Veillée Pascale : il n’y a pas d’envoi à la fin de la messe du Jeudi Saint et de la liturgie du vendredi saint et pas de rites d’ouverture (Signe de croix et salutation, le vendredi saint et à la veillée pascale) Il s’agit bien d’un seul et même évènement, la Passion et la Résurrection de Jésus-Christ, « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice ; Dieu l’a ressuscité le troisième jour. » (Ac 10, 39, 40). Joyeuse fête de Pâques !
