Par Laurent Larcher, Journal La Croix du 8 juillet 2026
Venir dans cette terre qui a tant souffert des conflits franco-allemands pour y célébrer la paix et la réconciliation alors que la guerre a fait son retour dans l’horizon des Européens, tel est l’axe de la visite de Léon XIV à Metz, le 28 septembre 2026, dans cette troisième et dernière étape de son voyage en France.
« La venue du pape à Metz a un double sens, développe Sébastien Maillard, conseiller spécial de l’Institut Jacques-Delors. Revenir à la source du projet européen comme source de paix entre les nations et encourager l’engagement des chrétiens dans la cité à l’exemple de Robert Schuman : avec la foi comme une boussole et non comme un étendard. »

Une terre profondément marquée par la guerre
« Ici, nous savons ce que c’est que la guerre, les occupations, les annexions, les enrôlements forcés, les combats fratricides, les exils, les familles séparées, divisées. Nous portons tous des cicatrices dans nos mémoires, des souvenirs encore bien douloureux », appuie un prêtre mosellan. « Pendant longtemps, le danger, la menace étaient tout proches, juste derrière la frontière, à l’est : l’Allemagne jusqu’en 1945, puis l’URSS, pendant la guerre froide », poursuit-il.
Une paix à la lumière de Robert Schuman
La grande figure chrétienne de cette région meurtrie, Robert Schuman, le père de l’Europe, né au Luxembourg et inhumé à Scy-Chazelles, incarne cette réconciliation possible entre les peuples ennemis. « Léon XIV lui rendra bien hommage », confirme la même source.
C’est d’ailleurs sur ce point que Mgr Philippe Ballot, l’archevêque de Metz, s’est appuyé pour annoncer et présenter la visite de Léon XIV aux fidèles : « Grâce à des artisans de réconciliation tel le vénérable Robert Schuman, (la Moselle) offre un témoignage précieux montrant que la haine n’a pas le dernier mot, mais qu’au contraire les ennemis d’hier peuvent devenir frères. Ce message de paix rejoint l’appel du Saint-Père à “une paix désarmée et désarmante” au cœur de notre monde divisé. »Profondément chrétien, engagé en politique au nom de sa foi, Robert Schuman peut aux yeux de Mgr Ballot « aujourd’hui encore, susciter dans le cœur de chacun, particulièrement les jeunes, la volonté de voir grandir la fraternité en Europe, et plus largement ».
