Missel Vivant : Votre guide pour suivre et comprendre la messe du jour

« La première fois, j’étais complètement perdue » : la messe dans les yeux d’une convertie.

Informaticienne et récente convertie au catholicisme, Harmony Dumas a créé une application pour « suivre et comprendre la messe », Missel Vivant. Un parcours qui raconte, en creux, l’apprentissage de cette célébration pour les nouveaux venus dans l’Église.

Un œil non averti pourrait glisser sans s’attarder sur la façade de l’abbatiale Notre-Dame, à Lagny-sur-Marne. Il faut y entrer pour se laisser éblouir par ses piliers massifs ; les vitraux rouges et bleus qui renvoient sur les visiteurs une lumière violette réconfortante et l’odeur des pierres vieilles de plusieurs siècles. C’est ainsi, en tout cas, que la décrit Harmony, tombée « follement sous le charme » de cette église lorsqu’elle a emménagé, il y a quelques années, dans la petite ville de Seine-et-Marne. Au point de vouloir s’y marier, elle qui est baptisée mais restée « loin de la foi catholique ».

Après une demande en fiançailles de son compagnon, rendez-vous est donc pris au sein de la paroisse. La rencontre avec le prêtre qui les accompagnera finit de les convaincre de s’engager dans un mariage catholique. Cette professionnelle de l’informatique, aujourd’hui âgée de 39 ans, se retrouve ainsi pour la première fois à participer à une messe habituelle, hors mariage et enterrement donc. Non sans stress : « J’ai toujours aimé les églises et leur calme. Mais la messe me paraissait complètement inaccessible ! »

Expérience spirituelle

« La première fois, j’étais complètement perdue, poursuit-elle. Je voyais tout le monde se lever, chanter, savoir que répondre… sans comprendre ce que je devais faire. Mais j’ai tout de même senti qu’il se passait quelque chose. » La voilà intriguée. Comme elle a inscrit sa fille au patronage, elle retourne à la messe de temps à autre. Mais c’est le jour de son mariage qu’Harmony vit une expérience spirituelle forte : « J’ai senti un immense amour. Nous étions complètement enveloppés par Dieu et, en même temps, par nos familles qui pourtant ne sont pas croyantes. Après le mariage, j’ai éprouvé un manque. Alors je suis retournée à la messe. »

Elle rencontre d’autres paroissiens « très bienveillants », pose des questions, s’intègre peu à peu et rapidement… rejoint le catéchuménat. « Je n’ai pas eu de” révélation” lors d’une célébration. J’ai aussitôt été touchée par les chants mais, au début, les lectures ne me parlaient pas du tout… Petit à petit, je me suis mise à comprendre. Pourquoi il y a un silence après l’homélie. Pourquoi on adore un morceau de pain… Ce sont de nombreuses petites étapes qui participent à convertir le cœur ». Elle finit par trouver une forme de grâce dans certains moments, tout comme certains gestes. « Je trouvais très étrange de s’agenouiller, par exemple. Et puis un jour, c’est venu naturellement. » Et finit par communier pour la première fois et recevoir la confirmation en 2025.

Une application Web

Son expérience lui fait néanmoins dire que la messe « peut déconcerter certains nouveaux venus ». De quoi pousser cette informaticienne à créer une application Web (1), « Missel Vivant », pour suivre et comprendre la messe. L’apparence est discrète et le fonctionnement simple : la présentation de chaque étape de la célébration, leur sens, des indications sur quand se lever et s’asseoir, les formulations employées par le prêtre et la réponse des fidèles… Les lectures du jour sont également intégrées automatiquement.

Elle le fait un peu pour elle, afin de ne pas avoir à jongler entre le livret et le missel. Mais pense, dès sa conception, à l’utilité d’une telle application pour faciliter l’accueil. Déjà engagée depuis plusieurs mois dans la paroisse pour moderniser le site Internet, elle évoque, en septembre 2025, son application au père Thomas Chassaing, tout juste nommé curé du pôle missionnaire de Lagny.

S’il a alors une « petite appréhension » quant à l’utilisation du téléphone pendant la messe, il accepte de mettre en avant l’application auprès des fidèles, sous forme de test. Un outil qui s’ajoute à l’accueil à l’entrée de l’église par des paroissiens et à un livret explicatif sur la messe disponible à l’entrée… « L’un des grands enjeux est celui de la pédagogie, pour aider les personnes à « entrer » dans l’Église et à se sentir accueillies. Certains n’ont pas besoin de cela pour être touchés. Mais nous savons aussi que d’autres vont se sentir en décalage, non légitime parce qu’ils ne comprennent pas… et risquent de ne jamais revenir. Un tel outil peut donc être utile pour les accompagner.

« C’est ma respiration »

Cette question de l’accueil et de l’accompagnement est d’ailleurs au cœur du concile provincial dont la consultation se tient en ce moment à l’initiative des évêques d’Île-de-France, dans la foulée de la vague de demande de baptêmes constatée ces dernières années. Même si Harmony Dumas en convient « tout ne se fait pas en un jour ! « 

« Au départ, je ne comprenais pas que l’on y consacre son dimanche. Maintenant c’est ma respiration » rit-elle. C’est le moment où je pose mon esprit et laisse les choses descendre… En plus de la présence de Dieu, j’y ai trouvé un refuge communautaire, une famille avec laquelle je me sens bien. » Désormais, quand elle voit arriver des nouveaux venus, elle se hâte d’aller les saluer.

Lien vers l’appli en question  https://missel.online/

Texte repris d’un article du Journal La Croix Mars 2026